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L’orthographe, préoccupation majeure des DRH

Le 31 mai dernier, le Projet Voltaire publiait son baromètre annuel relatif au niveau des Français à l’écrit, en 2017. A cette occasion, Pascal Hostachy, son fondateur et responsable, a répondu aux questions du Figaro.

52% des salariés maîtrisent les règles de base de la langue française

Premier constat : face à la situation, un des nouveaux chantiers prioritaires des DRH est de relever le niveau en orthographe des collaborateurs.

Sur un échantillon représentatif de 100.000 Français, l’étude dévoile que 27% des collégiens maîtrisent les règles de base, les étudiants 44% et les salariés, 52%. Notre maîtrise de la langue française progresserait donc en avançant en âge. Pour autant, le dernier chiffre semble loin de satisfaire les entreprises, dont la communication externe souffre de cette orthographe approximative, voire défaillante, de leurs salariés. Image ternie = business menacé. Le constat serait même alarmant : pas moins de 90% des mails envoyés par des entreprises à leurs clients contiennent au moins une faute d’orthographe, selon une étude de l’institut de formation professionnelle Demos.

Les salariés sont de plus en plus souvent en délicatesse avec l’écriture. « Les étudiants et les (jeunes) cadres sont sans doute beaucoup plus savants, avertis et critiques que leurs aînés, mais ils écrivent de moins en moins bien », constate Eric Cobast, conseiller à la recherche et aux productions académiques du groupe d’enseignement supérieur Inseec. « Nous avons affaire à une génération qui a moins de vocabulaire, qui lit moins parce qu’elle privilégie la communication visuelle, et dont l’orthographe s’est singulièrement dégradée », renchérit Hélène Perez, associée du cabinet de recrutement Aravati.

Erreurs sur le participe passé, sur la conjugaison, sur l’accord du pronom, sans compter les inévitables erreurs d’inattention souvent impardonnables. Ce laxisme coûterait plusieurs millions d’euros par an aux entreprises !!!

La formation par le jeu

Face à un tel enjeu commercial, comment appréhender la question de la remise à niveau sans qu’elle apparaisse stigmatisante?

Toujours selon Pascal Hostachy, évoquer la non-maîtrise de l’orthographe n’est plus aussi tabou que par le passé. Les DRH sont de moins en moins dans le déni du problème, notamment pour les raisons économiques évoquées plus haut, et compte tenu du poids croissant de la communication externe à l’entreprise (via les mails notamment).

La réponse? Le jeu…la formation par le jeu. Collective et ludique, la formation en orthographe a des vertus pédagogiques indéniables. Collective, elle atténue considérablement l’impact négatif du pointage individuel, et fédère les participants autour d’une problématique commune. Ludique, elle désinhibe et nivelle le groupe, car les règles du jeu (avec leur part de tactique, de stratégie ou de hasard) s’ajoutent aux règles grammaticales, et permettent aux moins aguerris en orthographe de tirer leur épingle du jeu…sans mauvais jeu de mots.

J’anime depuis quelque temps maintenant des sessions de remise à niveau en orthographe auprès des entreprises. La méthode Orthogagne que j’utilise fait la part belle au jeu. Si elle n’exonère ni l’animateur, ni les participants de revisiter ensemble les règles fondamentales de notre langue (nature et fonction des mots, conjugaison, concordance de temps, accords du participe passé, synonymes, etc.) dans un cadre plus académique, chaque sujet est d’abord abordé sous un angle ludique. Un jeu de cartes ou de plateau, directement inspiré d’un jeu existant et connu du plus grand nombre, vient illustrer le nouveau chapitre à étudier.

Je n’ai jamais…je dis bien jamais…ressenti le moindre malaise dans la salle de formation. La philosophie du jeu est telle qu’elle nous renvoie tour à tour à l’enfance, à la compétition (dans un bon esprit), aux sourires ou aux éclats de rire, à la bienveillance très souvent, en évacuant toute mauvaise onde potentiellement présente en début de session. Après un quart d’heure de présentation de la méthode et de cadrage de la formation, le premier jeu est proposé. Conséquences directes : l’orthographe n’est plus considérée comme un sujet rébarbatif et austère, les salariés (re)font connaissance sous un angle non professionnel et quelques barrières tombent, l’envie d’apprendre en s’amusant s’impose naturellement. Si j’osais, je dirais qu’à la fin de la première heure, c’est déjà gagné. De vrais progrès et des acquis sérieux seront au rendez-vous en fin de session.

En conclusion

Mesdames et messieurs les DRH ou responsables de formation, le constat est sans appel. La dernière étude du Projet Voltaire vient de nous le rappeler. L’orthographe est en souffrance dans nos entreprises, impactant l’image de ces dernières et la réussite de leurs affaires. A cela, rien d’inéluctable. Les écrits professionnels n’ayant pas vocation à se transformer en envolées littéraires, les fondamentaux de la langue française et de son orthographe peuvent être revisités dans le cadre de formations collectives, originales et ludiques, tout en maintenant le niveau d’exigence et d’engagement requis par une prestation de services digne de ce nom.

Il faut jouer pour devenir sérieux (Aristote)

 Jean-Renaud Plas

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